Année 2021. Semaine 2.

 

Avis : j’aimerais pouvoir me faire un avis, après réflexion, sur ce début d’année 2021. Cela devient difficile. Nous sommes noyés par les informations, les contre-informations et la désinformation, tout change extrêmement rapidement. Le vaccin de Pfizer est livré avec un protocole strict, celui qui a été testé. D’après ce que je comprends, il faut une première injection puis 21 jours après la seconde. Soudain, l’Angleterre décide que la seconde injection peut avoir lieu bien plus tard, les autres pays d’Europe sont sur le point de suivre cette modification du protocole (pas pour raisons médicales mais pour cause d’impréparation et sans doute de manque de doses). Officiellement, bien sûr, cela ne change rien à l’efficacité du vaccin. Ils ne peuvent pas le savoir, puisque les tests d’efficacité ont été pratiqués avec une seconde injection à 21 jours d’intervalle. Et puis, miraculeusement, ce vaccin protège des variants du coronavirus (on ne dit pas mutants ce terme fait trop peur). Je ne suis pas médecin, donc je n’ai pas d’avis sur ce vaccin, simplement je trouve surprenant qu’on puisse modifier le protocole et que des variants surprises apparemment bien plus graves étaient déjà prévus. Pour ce qui est des effets secondaires, on nous a promis la transparence, c’est bien, même si ce mot ne veut plus rien dire à notre époque. Sauf erreur, nous n’avons aucune nouvelle de Mauricette, la première vaccinée de France. Ce serait une bonne opération de communication de la montrer à nouveau, puisqu’on espère qu’elle est en pleine forme. Niveau communication, nos élites devraient se faire vacciner en public. Le président ne peut pas puisque très opportunément il aurait eu la covid juste avant la sortie du vaccin, il ne peut pas le faire, il est immunisé. La première dame, par contre, pourrait montrer l’exemple… Il est donc impossible de se faire un avis éclairé sans être médecin, les signaux sont contradictoires, la communication est nulle, la transparence suspecte. La médecine peut réaliser des prouesses, donc dans le doute, disons que ces vaccins sont un espoir.

Difficile aussi de se faire un avis sur la prise d’assaut du Capitole à Washington D.C. De base, l’avis est facile à donner : c’est horrible, ces images étaient surréalistes. Nous sommes bien d’accord. Mais là c’est un avis de l’être émotionnel, dont je parlais la semaine dernière. L’avis éclairé c’est comprendre ce qu’il s’est passé. Les médias ont l’explication : Donald Trump a hystérisé des extrémistes de droite pour détruire la démocratie. C’est une explication, ce n’est pas toute l’explication. Car il y a des faits étranges. Il semblerait qu’on puisse entrer dans le Capitole comme dans un McDonald’s. On ne peut qu’être surpris, surtout un jour comme le 6 janvier quand sénateurs et parlementaires étaient réunis pour confirmer l’élection de novembre. Ensuite, il ne faut pas oublier que les causes sont plus profondes qu’une simple hystérisation par les réseaux sociaux. Parmi la population il y a un mal-être, un sentiment d’injustices (au pluriel puisqu’elles sont nombreuses), le sentiment qu’on nous manipule et nous cache des choses (que ce soit vrai ou non le sentiment de défiance est là). Ce sont des problèmes à prendre en compte et pour y remédier on en revient à la transparence. Malheureusement, nous n’allons pas vers plus de transparence mais plus de manipulation, de mensonges, de contes officiels détachés de la réalité. Heureusement, les réseaux sociaux sont là pour aider les dirigeants à mentir, le compte Twitter de Donald Trump a été tout simplement supprimé. C’est une atteinte à la liberté de parole. Là ce n’est pas un avis sur la teneur de ce qu’il dit, ce dont on devrait se scandaliser c’est qu’on l’empêche de le dire. On ne peut pas éradiquer les fake news ou les complotistes, on peut atténuer leur portée par la transparence et la vérité. Mais on ne sait plus qui croire. Et puis, on parle un peu moins des suites éventuelles de la violation du Capitole. Des documents et des disques durs ont été dérobés, y compris dans le bureau de la très mentalement stable Nancy Pelosi (écrire le contraire serait prendre le risque d’être censuré). Des informations compromettantes referont-elles surface ?

Voilà un rapide tour d’horizon pour montrer qu’il devient difficile de se faire un avis éclairé sur les événements et ce qu’on nous assène à longueur de journée. Bien sûr, il y a toujours eu plus ou moins de manipulation de la part des dirigeants. Du nuage de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière au virus qui ne traversera jamais la frontière, la transparence n’a jamais été une vertu gouvernementale ou présidentielle. Mais nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la manipulation, globalisée, mondialisée. Le pouvoir de la censure est passé des mains des politiques aux mains des réseaux sociaux. Nous voulons juste la vérité, pouvoir réfléchir sereinement par nous-mêmes. S’il n’y a plus de référence, de source sûre et indiscutable, nous continuerons à avoir des fake news, des complotistes et des réactions hystériques aux événements…

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Année 2021. Semaine 1.

 

Comprendre : le Nouvel An est une occasion de faire la fête et de prendre des bonnes résolutions. Le passage d’une année à l’autre est uniquement symbolique. Le temps, lui, continue à filer immuablement. Chacun est conscient que dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les problèmes du passé ne s’effacent pas, les compteurs ne se remettent pas à zéro. Il n’est pas question de tout recommencer à partir d’une page blanche mais bien de continuer avec ce que nous héritons de l’année précédente. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a aucun espoir, évidemment. Ce passage fictif d’une année à l’autre permet de faire le bilan des mois écoulés avant de fixer de nouveaux objectifs et d’aller de l’avant. Bien sûr, on peut faire de même chaque soir, en prenant du recul par rapport à la journée écoulée et en se promettant de faire toujours plus, toujours mieux, dès le lendemain.

Prendre le temps… C’est sans doute l’essentiel, une faculté qui se perd. Car tout va vite, c’est le sentiment que nous avons. Nous sommes connectés en permanence, beaucoup sont encore scotchés aux réseaux sociaux juste avant de dormir. Il semble vital de toujours faire quelque chose, d’occuper son esprit en permanence. Pour ne pas lui laisser le temps de se poser, de réfléchir, au fond nous avons peur de ce que seraient nos réflexions si nous prenions le temps de faire le bilan de chaque journée. La peur d’une certaine vacuité, car si l’on prend le temps d’y regarder de plus près, la plupart de nos activités sont vaines. Les informations passent à une vitesse folle, nous devenons des machines qui n’ont pour seul objectif que de compulser des données. Il nous en faut toujours plus et surtout, il faut réagir toujours plus vite.

C’est la raison pour laquelle nous demandons de l’émotionnel et c’est ce que les médias ou les réseaux sociaux nous fournissent, voilà pourquoi nous y sommes accros. Nous ne cherchons pas d’explications à ce qui arrive, nous voulons sans cesse quelque chose de nouveau, qui parle directement à nos émotions, pas à notre intellect. Lors de l’annonce d’un vaccin, ce n’est pas la réflexion qui a prévalu, mais l’émotionnel : ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, sans expliquer pourquoi on choisit l’un des deux camps, nous voulons juste nous affronter sur tout et n’importe quoi pour ressentir une émotion, occuper ce temps qui passe si vite. D’ailleurs on se plaint aussi de cette vitesse… Tout l’épisode du coronavirus sera resté au stade de l’émotionnel. Personne ne prend le temps d’expliquer vraiment ce qu’il se passe, on sort des chiffres, on montre des images dramatiques, on génère la peur. Et si on ne nous explique pas, c’est que nous ne cherchons que l’émotionnel, pas la raison, la logique, la réflexion. C’est un piège, évidemment.

Désormais, la société entière n’est basée que sur l’émotionnel. Par exemple, chaque année nous avons droit à ces histoires de gens dont les maisons sont inondées. On veut voir des larmes, de la souffrance, puis on libère l’empathie en faisant des dons. Mais si ce type de catastrophe se produit chaque année, c’est que nous ne sommes pas dans l’attitude de celui qui veut comprendre, seulement enfermés dans l’envie d’éprouver quelque chose. Nous ne cherchons plus les causes, nous ne nous attachons qu’aux conséquences. Pour revenir à l’exemple, la cause de ces inondations est certainement le fait que quelqu’un a autorisé des constructions sur des zones réputées inondables, cédant à la pression de concitoyens voulant leur maison au bord d’une rivière susceptible de sortir de son lit… Sachant cela il y aurait des décisions drastiques à prendre, mais nous ne voulons pas de remède, nous ne voulons pas affronter les causes, nous voulons notre dose quotidienne de mauvaises nouvelles, d’émotions à éprouver. Quand les hôpitaux sont débordés, on ne cherche pas la cause et donc on ne veut pas remédier au problème, on préfère gérer l’émotion en allant applaudir à sa fenêtre. C’est sympa, mais cela ne règle rien.

Le danger est qu’une société ne vivant que grâce à l’émotion devient manipulable. Car quelle est l’émotion qui nous fait le plus vibrer ? C’est la peur. Et certains savent en tirer profit, nous faisant peur en permanence : peur de l’autre, peur de la différence, peur de la culture, peur de la maladie, peur du vaccin, peur de l’amende, peur de perdre son commerce, peur de perdre son argent, peur de perdre les êtres qui nous sont chers… Si la peur est partout, c’est parce que nous avons soif d’émotions et que la peur est la plus simple des émotions à générer. La peur, nous la cherchons quand elle est absente : on parle de manèges à sensations, les sports extrêmes ont la cote. Nous avons peur de tout et nous aimons cela. Tout ceci nous fait oublier la faculté essentielle de l’humanité : la réflexion qui permet de comprendre. Comprendre, c’est ne plus avoir peur. Réfléchir, c’est résoudre les problèmes. S’il n’y avait plus de problèmes, s’il n’y avait plus la peur, nous devrions apprendre à vivre totalement différemment. Et pour l’instant, nous ne savons pas le faire, car paradoxalement la peur nous rassure, elle nous permet d’éprouver des émotions, de nous sentir vivre. Nous sommes enfermés dans un cercle négatif et nous n’avons même pas la volonté d’en sortir.

Réfléchir plus, et comprendre mieux, ce sont les seuls objectifs qui valent la peine s’il faut en choisir pour l’année qui s’ouvre. Grâce à cela, la peur ne disparaîtra pas, elle est utile en cas de danger immédiat, c’est l’instinct de survie. Mais la peur et l’émotion permanentes nous empêchent de progresser. Prenons le temps de la réflexion, de l’analyse, de la compréhension, pour avancer, nous améliorer, vivre plus sereinement…

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