Alfred Adler, Le sens de la vie.

« L’homme sait beaucoup plus qu’il ne comprend. »

« Le vrai sens de la vie se révèle dans la résistance que rencontre l’individu lorsqu’il agit d’une façon erronée. »

« Dans le courant de l’évolution, il ne peut y avoir d’arrêt : la recherche de la perfection nous entraîne. »

« Dans cette conception qui réunit des vues fondamentales de Darwin et de Lamarck, il faut considérer le “processus vital” comme une tendance dont la direction est maintenue, dans le courant de l’évolution, vers un but éternel d’adaptation aux exigences du monde extérieur. »

« La réalité de la vie, nous ne la ressentons jamais directement mais uniquement par la conception que nous nous en faisons ; c’est elle qui est déterminante. »

« Vivre, c’est se développer. »

Henri Bergson, L’énergie spirituelle.

« La conscience est un trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir. »

« Ni la matière ni la conscience ne s’expliquent par elles-mêmes. »

« La matière est d’abord ce qui divise et ce qui précise. Une pensée, laissée à elle-même, offre une implication réciproque d’éléments dont on ne peut dire qu’ils soient un ou plusieurs : c’est une continuité, et dans toute continuité il y a de la confusion. Pour que la pensée devienne distincte, il faut bien qu’elle s’éparpille en mots. »

« Ainsi la matière distingue, sépare, résout en individualités et finalement en personnalités des tendances jadis confondues dans l’élan originel de la vie. D’autre part, la matière provoque et rend possible l’effort. »

« La matière : par la résistance qu’elle oppose et par la docilité où nous pouvons l’amener, elle est à la fois l’obstacle, l’instrument et le stimulant ; elle éprouve notre force, en garde l’empreinte et en appelle l’intensification. »

« Le passé ne revient à la conscience que dans la mesure où il peut aider à comprendre le présent et à prévoir l’avenir : c’est un éclaireur de l’action. »

Henri Bergson, L’évolution créatrice.

« Ce qu’il y a de visible et de tangible dans les choses représente notre action possible sur elles. »

« La vérité est qu’on change sans cesse, et que l’état lui-même est déjà du changement. »

« C’est pourquoi notre durée est irréversible. Nous ne saurions en revivre une parcelle, car il faudrait commencer par effacer le souvenir de tout ce qui a suivi. Nous pourrions, à la rigueur, rayer ce souvenir de notre intelligence, mais non pas de notre volonté. »

« On a donc raison de dire que ce que nous faisons dépend de ce que nous sommes ; mais il faut ajouter que nous sommes, dans une certaine mesure, ce que nous faisons, et que nous nous créons continuellement nous-mêmes. »

« Le tout réel pourrait bien être, disions-nous, une continuité indivisible : les systèmes que nous y découpons n’en seraient point alors, à proprement parler, des parties ; ce seraient des vues partielles prises sur le tout. »

« Originellement, nous ne pensons que pour agir. »

« Parler d’un but est penser à un modèle préexistant qui n’a plus qu’à se réaliser. C’est donc supposer, au fond, que tout est donné, que l’avenir pourrait se lire dans le présent. »

« Ce contraste entre la complication à l’infini de l’organe et la simplicité extrême de la fonction est précisément ce qui devrait nous ouvrir les yeux. »

« Le travail de fabrication est d’autant plus efficace qu’il dispose d’une plus grande quantité de matière. Il procède par concentration et compression. Au contraire, l’acte d’organisation a quelque chose d’explosif : il lui faut, au départ, le moins de place possible, un minimum de matière, comme si les forces organisatrices n’entraient dans l’espace qu’à regret. »

« Un choix suppose la représentation anticipée de plusieurs actions possibles. Il faut donc que des possibilités d’action se dessinent pour l’être vivant avant l’action même. »

« Comme chacun de nous ne vit qu’une seule vie, force-lui est de faire un choix. Nous choisissons en réalité sans cesse, et sans cesse aussi nous abandonnons beaucoup de choses. La route que nous parcourons dans le temps est jonchée des débris de tout ce que nous commencions d’être, de tout ce que nous aurions pu devenir. Mais la nature, qui dispose d’un nombre incalculable de vies, n’est point astreinte à de pareils sacrifices. Elle conserve les diverses tendances qui ont bifurqué en grandissant. Elle crée, avec elles, des séries divergentes d’espèces qui évolueront séparément. »

« Si l’unité de la vie est tout entière dans l’élan qui la pousse sur la route du temps, l’harmonie n’est pas en avant, mais en arrière. L’unité […] est donnée au début comme une impulsion, elle n’est pas posée au bout comme un attrait. »

« L’évolution dont nous parlons ne s’accomplit jamais dans le sens d’une association, mais d’une dissociation, jamais vers la convergence, mais vers la divergence des efforts. L’harmonie entre termes qui se complètent sur certains points ne se produit pas, d’après nous, en cours de route par une adaptation réciproque ; au contraire elle n’est tout à fait complète qu’au départ. Elle dérive d’une identité originelle. Elle vient de ce que le processus évolutif, qui s’épanouit en forme de gerbe, écarte les uns des autres, au fur et à mesure de leur croissance simultanée, des termes d’abord si bien complémentaires qu’ils étaient confondus. »

« L’intelligence a encore plus besoin de l’instinct que l’instinct de l’intelligence, car façonner la matière brute suppose déjà chez l’animal un degré supérieur d’organisation, où il n’a pu s’élever que sur les ailes de l’instinct. »

 « Notre intelligence ne se représente clairement que l’immobilité. »

« L’ensemble de la matière devra donc apparaître à notre pensée comme une immense étoffe où nous pouvons tailler ce que nous voudrons, pour le recoudre comme il nous plaira. »

« Qu’il nous suffise de dire que l’intelligence est caractérisée par la puissance indéfinie de décomposer selon n’importe quelle loi et de recomposer en n’importe quel système. »

« Justement parce qu’elle cherche toujours à reconstituer, et à reconstituer avec du donné, l’intelligence laisse échapper ce qu’il y a de nouveau à chaque moment d’une histoire. Elle n’admet pas l’imprévisible. Elle rejette toute création. Que des antécédents déterminés amènent un conséquent déterminé, calculable en fonction d’eux, voilà qui satisfait notre intelligence. »

« Dans toute l’étendue du règne animal, disions-nous, la conscience apparaît comme proportionnelle à la puissance de choix dont l’être vivant dispose. Elle éclaire la zone de virtualités qui entoure l’acte. Elle mesure l’écart entre ce qui se fait et ce qui pourrait se faire. »

« Il faudrait, pour qu’une théorie scientifique fût définitive, que l’esprit pût embrasser en bloc la totalité des choses et les situer exactement les unes par rapport aux autres ; mais, en réalité, nous sommes obligés de poser les problèmes un à un […]. »

« D’une manière générale, la réalité est ordonnée dans l’exacte mesure où elle satisfait notre pensée. L’ordre est donc un certain accord entre le sujet et l’objet. »

« L’univers n’est pas fait, mais se fait sans cesse. »

« Il n’y a pas de choses, il n’y a que des actions. »

« En réalité la vie est un mouvement, la matérialité est le mouvement inverse. »

« La matière divise effectivement ce qui n’était que virtuellement multiple, et, en ce sens, l’individuation est en partie l’œuvre de la matière, en partie l’effet de ce que la vie porte en elle. »

 « L’idée de désordre est donc toute pratique. Elle correspond à une certaine déception d’une certaine attente, et ne désigne pas l’absence de tout ordre, mais seulement la présence d’un ordre qui n’offre pas d’intérêt actuel. »

« On ne saurait imaginer un néant sans s’apercevoir, au moins confusément, qu’on l’imagine, c’est-à-dire qu’on agit, qu’on pense, et que quelque chose, par conséquent, subsiste encore. »

« L’image proprement dite d’une suppression de tout n’est donc jamais formée par la pensée. L’effort par lequel nous tendons à créer cette image aboutit simplement à nous faire osciller entre la vision d’une réalité extérieure et celle d’une réalité interne. Dans ce va-et-vient de notre esprit entre le dehors et le dedans, il y a un point, situé à égale distance des deux, où il nous semble que nous n’apercevons plus l’un et que nous n’apercevons pas encore l’autre : c’est là que se forme l’image du néant. En réalité, nous apercevons alors l’un et l’autre, étant arrivés au point où les deux termes sont mitoyens, et l’image du néant, ainsi définie, est une image pleine de choses, une image qui renferme à la fois celle du sujet et celle de l’objet, avec, en plus, un saut perpétuel de l’une à l’autre et le refus de jamais se poser définitivement sur l’une d’elles. »

« Entre penser un objet et le penser existant, il n’y a absolument aucune différence. »

« Il n’y a pas de forme, puisque la forme est de l’immobile et que la réalité est mouvement. Ce qui est réel, c’est le changement continuel de forme : la forme n’est qu’un instantané pris sur une transition. »

« Puisque le mouvement naît de la dégradation de l’immuable, il n’y aurait pas de mouvement, pas de monde sensible par conséquent, s’il n’y avait, quelque part, l’immutabilité réalisée. »

« Faisant table rase de ce qui n’est qu’un symbole imaginatif, il verra le monde matériel se résoudre en un simple flux, une continuité d’écoulement, un devenir. »

Henri Bergson, Matière et mémoire.

« Il y a un système d’images que j’appelle ma perception de l’univers, et qui se bouleverse de fond en comble pour des variations légères d’une certaine image privilégiée, mon corps. Cette image occupe le centre ; sur elle se règlent toutes les autres ; à chacun de ses mouvements tout change. »

« Percevoir signifie avant tout connaître. »

« La matière ne saurait exercer des pouvoirs d’un autre genre que ceux que nous y percevons. »

« Le passé a-t-il cessé d’exister ou a-t-il simplement cessé d’être utile ? »

Louis Auguste Blanqui, L’éternité par les astres, 1872.

« L’univers est à la fois la vie et la mort, la destruction et la création, le changement et la stabilité, le tumulte et le repos. Il se noue et se dénoue sans fin, toujours le même, avec des êtres toujours renouvelés. […] Ensemble et détails, il est éternellement la transformation et l’immanence. »

« L’univers est infini dans son ensemble et dans chacune de ses fractions, étoile ou grain de poussière. Tel il est à la minute qui sonne, tel il fut, tel il sera toujours, sans un atome ni une seconde de variation. Il n’y a rien de nouveau sous les soleils. Tout ce qui se fait, s’est fait et se fera. Et cependant, quoique le même, l’univers de tout à l’heure n’est plus celui d’à présent, et celui d’à présent ne sera pas davantage celui de tantôt ; car il ne demeure point immuable et immobile. Bien au contraire, il se modifie sans cesse. Toutes ses parties sont dans un mouvement indiscontinu. Détruites ici, elles se reproduisent simultanément ailleurs, comme individualités nouvelles. »

« La matière n’est pas sortie du néant. Elle n’y rentrera point. Elle est éternelle, impérissable. Bien qu’en voie perpétuelle de transformation, elle ne peut ni diminuer, ni s’accroître d’un atome. »

« La matière n’est éternelle que dans ses éléments et son ensemble. Toutes ses formes, humbles ou sublimes, sont transitoires et périssables. »

« L’organisation de l’univers est de toute éternité. Elle n’a jamais varié d’un cheveu, ni fait relâche d’une seconde. Il n’y a point de chaos. »

« Avec un plan si monotone et des éléments si peu variés, il n’est pas facile d’enfanter des combinaisons différentes, qui suffisent à peupler l’infini. Le recours aux répétitions devient indispensable. »

 « L’infini ne peut se présenter à nous que sous l’aspect de l’indéfini. L’un conduit à l’autre par l’impossibilité manifeste de trouver ou même de concevoir une limitation à l’espace. Certes, l’univers infini est incompréhensible, mais l’univers limité est absurde. »

« Chacune des histoires particulières, représentant une même collectivité, se tire à milliards d’épreuves pareilles, et chaque individu, partie intégrante de cette collectivité, possède en conséquence des sosies par milliards. »

« L’univers est une sphère dont le centre est partout et la surface nulle part. »

« L’univers tout entier est composé de systèmes stellaires. Pour les créer, la nature n’a que cent corps simples à sa disposition. Malgré le parti prodigieux qu’elle sait tirer de ces ressources et le chiffre incalculable de combinaisons qu’elles permettent à sa fécondité, le résultat est nécessairement un nombre fini, comme celui des éléments eux-mêmes, et pour remplir l’étendue, la nature doit répéter à l’infini chacune de ses combinaisons originales ou types. »

« Tout astre, quel qu’il soit, existe donc en nombre infini dans le temps et dans l’espace, non pas seulement sous l’un de ses aspects, mais tel qu’il se trouve à chacune des secondes de sa durée, depuis la naissance jusqu’à la mort. »

« La terre est l’un de ces astres. Tout être humain est donc éternel dans chacune des secondes de son existence. »

« Voici néanmoins un grand défaut : il n’y a pas progrès. Hélas ! non, ce sont des rééditions vulgaires, des redites. […] N’oublions pas que tout ce qu’on aurait pu être ici-bas, on l’est quelque part ailleurs. »

« Eux et nous, et tous les hôtes de notre planète, nous renaissons prisonniers du moment et du lieu que les destins nous assignent dans la série de ses avatars. Notre pérennité est un appendice de la sienne. Nous ne sommes que des phénomènes partiels de ses résurrections. »

 « Tout ce qu’on aurait pu être ici-bas, on l’est quelque part ailleurs. Outre son existence entière, de la naissance à la mort, que l’on vit sur une foule de terres, on en vit sur d’autres dix mille éditions différentes. »

« Voilà le terrible ! on ne peut pas s’avertir. S’il était permis de faire passer l’histoire de sa vie, avec quelques bons conseils, aux doubles qu’on possède dans l’espace, on leur épargnerait bien des sottises et des chagrins… »

 « Par conséquent, tous les faits accomplis ou à accomplir sur notre globe, avant sa mort, s’accomplissent exactement les mêmes dans les milliards de ses pareils. Et comme il en est ainsi pour tous les systèmes stellaires, l’univers entier est la reproduction permanente, sans fin, d’un matériel et d’un personnel toujours renouvelé et toujours le même. »

 « On remonterait en vain le torrent des siècles pour trouver un moment où l’on n’ait pas vécu. Car l’univers n’a point commencé, par conséquent l’homme non plus. Il serait impossible de refluer jusqu’à une époque où tous les astres n’aient pas déjà été détruits et remplacés, donc nous aussi, habitants de ces astres ; et jamais, dans l’avenir, un instant ne s’écoulera sans que des milliards d’autres nous-mêmes ne soient en train de naître, de vivre et de mourir. L’homme est, à l’égal de l’univers, l’énigme de l’infini et de l’éternité, et le grain de sable l’est à l’égal de l’homme. »

 « Tous les corps, animés et inanimés, solides, liquides et gazeux, sont reliés l’un à l’autre par les choses même qui les séparent. »

André Comte-Sponville, Présentations de la philosophie.

 « Le passé n’existe pour nous qu’au présent, ou dans le présent : il n’existe, c’est tout le paradoxe de la mémoire, qu’en tant qu’il n’est pas passé. »

« Si l’avenir existait, il ne serait pas à venir : il serait présent. Il n’est ce qu’il est, c’est tout le paradoxe de l’attente, qu’à la condition de n’être pas. »

« Le temps passe, mais il n’est pas passé. Il vient, mais il n’est pas à venir. Rien ne passe, rien ne vient, rien n’arrive que le présent. »

« Si le présent, pour être du temps, doit rejoindre le passé, comment pouvons-nous déclarer qu’il est, lui qui ne peut être qu’en cessant d’être ? »

« Ce temps, que nous mesurons ou imaginons, est composé surtout de passé et d’avenir, lesquels n’ont d’existence que pour l’esprit : comment savoir si ce n’est pas le cas, aussi, du temps lui-même ? »

« Qu’est-ce alors que le temps, qui ne passe qu’à la condition de demeurer, qui ne demeure qu’à la condition de s’écouler, qui ne se donne, enfin, que dans l’expérience de sa fuite, par quoi il nous échappe ? »

« Ce n’est pas l’éternité qui est dans le temps ; c’est le temps qui est dans l’éternité. Ce n’est pas Dieu qui est dans l’univers ; c’est l’univers qui est en Dieu. »

« La mort ne nous prendra rien (puisqu’elle ne nous prendra que l’avenir, qui n’est pas), que le temps ne nous prend rien (puisque le présent est tout), enfin qu’il est absurde d’espérer l’éternité (puisque nous y sommes déjà). »

« La vérité, c’est ce qui est (vérité de l’être) ou ce qui correspond exactement à ce qui est (vérité de la connaissance). C’est pourquoi aucune connaissance n’est la vérité : parce que nous ne connaissons jamais absolument ce qui est, ni tout ce qui est. »

Nicolas de Cues, La docte ignorance.

 « Tout recherche est comparative et utilise le moyen de l’analogie. »

« Il n’y a qu’une forme des formes, unique et infinie, dont toutes les formes sont les images. »

« Rien ne pourrait exister si le maximum dans sa simplicité n’existait pas. Tout ce qui n’est pas le maximum est fini et, en tant que tel, principié ; ce qui implique nécessairement qu’il dérive d’un autre que lui ; car, si le principié était son propre principe, il serait au moment même où il n’est pas encore. Mais il est impossible, comme le stipule la maxime, de remonter à l’infini la chaîne des principes et des causes. Il y aura donc un maximum simple, sans lequel rien ne peut être. »

« De fait, rien ne semble précéder le pouvoir-être. Comment en effet quelque chose existerait-il s’il n’avait eu auparavant la possibilité d’être ? »

« La nature humaine enveloppe non seulement les hommes qui existent mais aussi ceux qui n’existent pas et n’existeront jamais, bien qu’ils eussent pu exister. De la sorte, même s’il se pouvait qu’arriver quelque chose qui n’arrivera jamais, rien cependant ne serait ajouté à la providence divine, puisque celle-ci enveloppe outre ce qui arrive, ce qui n’arrive pas, mais peut arriver. »

« Toute possibilité est contractée, et elle est contractée par l’acte. C’est pourquoi on ne trouve pas de possibilité pure, sans qu’un acte, quel qu’il soit, vienne la déterminer d’une façon ou d’une autre. »

« Le pouvoir-être ne peut être amené à l’acte s’il n’est causé par un être en acte, puisque rien ne peut par lui-même produire son être en acte, à moins de supposer qu’il ne soit de lui-même sa propre cause ; mais, dans ce cas, en effet, il serait avant d’être. C’est pourquoi ces mêmes philosophes ont dit que ce qui fait être en acte la possibilité agit intentionnellement, de sorte que la possibilité arrive à l’être en acte par un processus rationnel et non pas par hasard. »

« On ne peut en effet rien intelliger qui ne soit pas déjà en soi-même de façon contractée. En intelligeant, l’intellect développe, au moyen de notions et de signes comparatifs, un monde de similitudes qu’il contracte en lui. »

« Le tout est présent dans l’une de ses parties, quelle qu’elle soit, par l’intermédiaire de n’importe laquelle d’entre elles. »

« Dispersés sur la Terre, beaucoup de gens nous restent inconnus, nous ignorons qui l’emporte sur les autres au monde, puisque nous sommes incapables de connaître parfaitement un seul homme parmi toute l’humanité. En vérité, Dieu a fait cela pour que chacun fût content de soi –tout en admirant les autres –, content de sa propre patrie, pour que le sol natal lui parût plus doux, content des mœurs de son royaume, de sa langue, etc. »

Eugène Delacroix, Journal.

« Je vis en société avec un corps, compagnon muet, exigeant et éternel ; c’est lui qui constate cette individualité qui est le sceau de la faiblesse de notre race. »

« Si on considérait la vie comme un simple prêt, on serait moins exigeant. Nous ne possédons réellement rien ; tout nous traverse. »

« Nous ne connaissons jamais ce que nous pouvons obtenir de nous-mêmes. La paresse est sans doute le plus grand ennemi du développement de nos facultés. Le connais-toi toi-même serait donc l’axiome fondamental de toute société, où chacun de ses membres ferait exactement son rôle et le remplirait dans toute son étendue. »

« Il y a en nous un écho qui répond à toutes les impressions : ou nous avons vu cela ailleurs, ou bien toutes les combinaisons possibles des choses sont à l’avance dans notre cerveau. En les retrouvant dans ce monde passager, nous ne faisons qu’ouvrir une case de notre cerveau ou de notre âme. »

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