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Polarisation : il est intéressant de constater que l’être humain a tendance à polariser son attention sur un seul sujet à la fois. Comme si nous n’avions pas la capacité cérébrale pour jongler avec plusieurs sujets en même temps. Évidemment, c’est une déformation voulue. Il est plus simple de falsifier la réalité quand toute l’attention est portée sur un seul sujet à l’exclusion de tous les autres. Pourtant, le seul moyen de faire comprendre les choses, de donner à réfléchir, c’est toujours d’avoir une vision d’ensemble. Car peu importe le sujet, tout est lié et ne se focaliser que sur un point particulier, c’est appauvrir le système de pensée, voire empêcher toute mise en perspective.

Les informations que l’on donne au peuple reposent sur ce principe. Regardez bien les journaux télévisés. Le premier sujet est le point focal, sur lequel il faut polariser l’attention. Puis on dilue quelques affaires, souvent anciennes, qui refont brièvement surface. Et la troisième partie, souvent plus imposante que la première, parle des vacances, des loisirs, de la pluie et du beau temps. Pourtant, il y en a des sujets à traiter ! Pendant qu’en apparence les Français s’écharpent sur une histoire de passe, la tension monte du côté de la Russie et une guerre pourrait bien rapidement être déclenchée. Manque de chance, la polarisation se fait actuellement sur un virus.

La volonté est de prendre les gens pour des imbéciles et bien sûr, de les manipuler totalement. Normalement on ne peut pas parler d’écologie sans évoquer la natalité. On ne peut pas parler de virus sans évoquer les difficultés de la recherche médicale ou du manque de place dans les hôpitaux. On ne peut pas parler de campagne présidentielle sans aller regarder qui finance qui. On ne peut pas parler du présent sans référence au passé… Tout est lié et pour comprendre, réfléchir, analyser, trouver des solutions, il faut tout prendre en compte. Simplement colmater une brèche parce qu’elle est sous le feu de l’actualité ne sert absolument à rien. Il faut réfléchir et agir de manière globale.

Évidemment, c’est beaucoup plus difficile. Chaque individu n’a pas le temps de s’informer sur la situation géopolitique du monde et en même temps sur les avancées de la recherche spatiale, par exemple. Non, nous n’avons pas le temps, il y a Netflix qui attend. Sans doute que nous n’avons pas non plus les capacités cognitives pour tout enregistrer et tout comprendre ? Le cerveau montre pourtant ses capacités chez ceux qui retiennent tous les noms des joueurs de foot de toutes les équipes de la planète et leurs exploits à telle date précise… Le cerveau est un outil formidable, mais on le remplit avec du grand n’importe quoi, ne laissant pas de place pour ce qui compte vraiment.

La polarisation sur un sujet est donc bien voulue, puisque cela permet de détourner l’attention de tout le reste. Les réseaux sociaux en sont un parfait exemple. Un youtubeur et une youtubeuse diffusent une photo de leur premier baiser et la toile s’enflamme. Le sujet de polarisation éclipse soudainement tous les autres. Il est quand même plus simple de se focaliser sur des niaiseries que d’essayer de comprendre le monde. Après tout, c’est pour gérer les situations complexes que nous élisons des hommes et des femmes politiques. Ils ont fait des études très poussées pour nous diriger et comprendre la complexité du monde. Oui, ces personnalités qui ne savent même pas porter un masque correctement saisissent d’un coup d’œil toutes les informations et sont capables d’analyse, de réflexion, ayez confiance !

Ou plus prudemment, ne laissez jamais les autres réfléchir à votre place. On ne peut certes pas tout savoir, s’occuper de tous les sujets, maîtriser l’économie autant que les questions d’éducation. Par contre, on peut parfaitement s’intéresser à plus d’un sujet à la fois, pour mieux comprendre ce qu’il se passe et se faire sa propre opinion…

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Divinités : est-ce parce que nous n’avons plus de religion commune que la France se fracture ? Les civilisations se construisent autour de croyances, depuis l’origine. Qu’il s’agisse d’un système cosmogonique complexe, ou d’une religion au dieu unique, ce sont les croyances qui structurent une société et forgent une nation. D’abord par l’adoration de plusieurs divinités, pour tenter d’apaiser les différents phénomènes naturels. Puis de manière plus abstraite, avec la création de divinités de l’au-delà. Et enfin avec les religions monothéistes qui ont permis l’émergence d’un pouvoir fort. Il est effectivement plus simple de contrôler la population avec un seul Dieu auquel chacun est soumis, plutôt qu’une multitude de divinités laissant à chacun le choix d’adorer prioritairement l’une ou l’autre.

La religion, quoi qu’on en pense, est un élément essentiel pour la cohésion de tout un peuple. Il n’y a pas d’autre système pouvant réunir la pluralité des individus pour former une nation cohérente. L’économie ? Elle ne parviendra jamais à nous unir. Ceux qui gagnent peu jalousent ceux qui gagnent trop. Ceux qui gagnent trop méprisent ceux qui gagnent peu. Dans ce domaine il n’y a pas de terrain d’entente possible. La culture ? Ici encore, il existe beaucoup trop de diversité pour créer une cohésion. La politique ? Bien sûr que non, du moins plus aujourd’hui alors que nous avons la liberté d’opinion, il n’y a pas de sujet plus clivant que la politique. La science ? Elle devrait permettre d’unir un peuple autour des mêmes idées et d’une même ambition. Elle échoue dans ce domaine puisque toute science est incertaine et évolue au fil des découvertes. Même le fait que la terre est ronde divise les opinions…

Pendant longtemps, la religion a donc permis de construire des civilisations fortes, puis même des nations. La civilisation grâce à un tronc commun, les nations par des petites variations. Prenons l’exemple récent de la civilisation occidentale, bâtie autour du catholicisme, mais au sein de laquelle chaque nation a défini ses propres particularités. L’Angleterre, la France ou l’Allemagne n’ont pas suivi exactement les mêmes voies, pourtant il subsiste une certaine unité dans chaque variation. La religion n’est ni bien ni mal, elle doit être perçue simplement comme un moyen d’unir toutes les individualités pour donner un sens à la vie en commun. Nous n’avons pas encore inventé d’autre mécanisme capable de nous unir.

Et puisque la puissance de la religion s’est effondrée, les divisions sont devenues la règle. Était-ce une erreur de créer un État sans religion affirmée ? Tout le monde a cru que ce serait une bonne chose et finalement personne ne voudrait revenir à la soumission des peuples du Moyen-Âge à une caste ecclésiastique. Pourtant, la soif d’une croyance commune est le propre de l’humanité. Comment comprendre, sinon, le succès des sectes, qui donnent à ceux qui en ont besoin un équilibre, des croyances, qui fondent des communautés dont les membres se soutiennent. En apparence seulement, évidemment, l’objectif des sectes n’est pas de créer des civilisations dans lesquelles chacun se sent à sa place…

On abuse souvent du concept en disant que l’argent est le nouveau dieu, Internet la nouvelle religion… on cherche à définir un tronc commun alors que nous l’avons abattu. Mais rien pourtant ne sera jamais aussi efficace qu’une religion pour unir un peuple. Nos Présidents tentent d’apparaître comme des guides, ils créent de manière plus ou moins évidente un culte de leur personnalité. Ceci était efficace lorsque le roi était de droit divin, il n’y a pas de consensus possible quand il s’agit juste d’une sorte d’adoration d’un seul être, trop humain. Nous pouvons peut-être retrouver la force unificatrice des religions sans revenir au Moyen-Âge. Par la mise en place d’une philosophie commune, donnant un sens à l’existence sans imposer de rites et de croyances. La philosophe devrait revenir en force, structurant le monde des idées et donnant une direction claire. Rien n’est jamais perdu, il nous faut retrouver un sens commun, une unité de vision, cesser de nous déchirer et penser le monde pour qu’il ne soit pas juste une succession d’événements, de scandales, de drames, mais qu’il redevienne un espoir…

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2022 : le Nouvel An n’a en lui-même pas un grand intérêt. C’est le passage d’une année à une autre et nous n’en faisons un événement que pour avoir une occasion de faire la fête, ce qui n’est déjà pas si mal. Surtout en ce moment où nous avons très peu d’occasions de nous réjouir. Alors disons que le Nouvel An a au moins cette faculté de nous permettre de profiter d’un repas amélioré et de boire avec plus ou moins de modération. Nous quittons une année encore marquée par le pessimisme, puisqu’un virus nous pourrit complètement l’existence depuis presque deux ans, enfin surtout la façon dont tout ça est géré. Et en fait, 2022 ne s’annonce en apparence pas plus glorieuse, sauf si nous décidons d’y mettre de l’optimisme. Car ce ne sont pas les événements qui influent directement sur notre moral, c’est la façon dont nous les appréhendons qui nous déprime ou pas.

Puisque c’est l’heure des bonnes résolutions, prenons en une essentielle : cessons d’avoir peur. Ne nous voilons pas la face, tous les médias sont alliés pour imposer la propagande décidée dans le confort de l’Élysée, par des gens qui ne sont pas dans la vraie vie. La peur est le moyen le plus efficace pour contrôler les masses. Cette technique a fait ses preuves tout au long de l’Histoire de l’humanité, ce n’est évidemment pas un stratagème découvert par notre époque. Lorsque les dictatures se sont imposées, elles l’ont fait en instaurant un climat de peur. Actuellement, difficile de savoir quel est le véritable objectif, sans doute pas d’instaurer une dictature mais pourquoi veulent-ils discipliner les peuples à ce point ? Quelles couleuvres serons-nous prêts à avaler une fois que la peur nous aura désarmés de toute raison ?

En fait, il ne faut pas avoir peur. Un moyen simple et efficace est de se couper totalement des informations, quelle que soit leur provenance. Car tous les médias, de tous les supports, sont ligués pour créer un climat de peur. Il faut revenir à l’essentiel : soi. Pas de manière égoïste, évidemment. Mais chacun, du moins vous qui me lisez, est capable de réfléchir et de raisonner. Pour ce faire, il faut avoir du temps, pour observer les événements et se faire sa propre opinion. Nos esprits sont sollicités en permanence, tout est fait pour que nous n’ayons pas une seule minute disponible pour cogiter. C’est d’abord contre cela qu’il faut lutter. Il est indispensable de prendre du temps pour soi. Vous avez sans doute remarqué que des idées vous viennent lorsque vous prenez votre douche. Moi, beaucoup d’idées me viennent quand je suis à la salle de sport. Pourquoi ? Parce que ce sont des moments durant lesquels on se coupe de tout : de son smartphone, de la télévision, de l’ordinateur… des autres !

Quand on se retrouve avec soi, soudain on cesse d’avoir peur. Parce qu’on se met à réfléchir et on laisse la raison prendre le dessus. Il est important de rester informé, mais dans les proportions nécessaires. Il faut avant tout se faire confiance à soi. Après tout, chacun est allé à l’école, a appris les bases de tous les savoirs et nous avons à portée de regard toutes les connaissances disponibles par Internet. Donc, nous avons tous les outils pour réfléchir ! Et quand on réfléchit, on cesse d’avoir peur. Il ne faut pas se laisser influencer par les déclarations grandiloquentes déconnectées de la réalité. On ne prend peur que lorsqu’on se laisse manipuler par les informations extérieures. On retrouve la sérénité quand on réfléchit et que l’on échafaude son propre raisonnement.

Alors, pour 2022, je vous souhaite de cesser d’avoir peur. La vie n’est pas une apocalypse permanente, vous avez le pouvoir de créer des moments de bonheur, ils ne viendront pas de l’extérieur, c’est à vous de les provoquer et de les apprécier. Même si le monde devient fou, n’oubliez pas que l’essentiel c’est vous. Prenez soin de votre vie, de votre petit univers, tout peut s’effondrer mais avec de l’optimisme, nous nous resterons debout !

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