Pour découvrir l’auteur derrière les livres…

Mon parcours

Né en 1978 et originaire de Rixheim, dans le Haut-Rhin, j’ai très tôt consacré ma vie à l’observation. Un observateur, c’est ainsi que j’aime me définir, je vous expliquerai pourquoi. Mais d’abord je vais me plier à l’exercice du parcours général :

Durant mes études, je n’ai jamais eu de matière préférée, puisque je suis curieux d’un peu de tout. J’avais certes déjà une certaine sensibilité pour le français, pour bien apprendre et maîtriser la langue, mais ce n’était pas une énorme réussite. J’ai toujours échoué aux dictées, j’étais beaucoup plus à l’aise pour les dissertations. Quand on regarde en arrière, pour faire le bilan de son parcours, on remarque assez facilement les signes qui conduisent à ce que nous sommes aujourd’hui. Dommage que souvent on ne prend pas conscience de ces signes sur le moment, pour découvrir très tôt sa destinée. J’aimais aussi beaucoup les mathématiques, je trouve les chiffres rassurants. La discipline n’est que pure logique et application de règles invariables. Les mathématiques ont quelque chose de beau et de réconfortant puisque le résultat d’une équation est unique, sans surprise, intangible. Les cours d’art plastique sont sans doute ceux que j’ai le plus détestés, avec le sport. Parce que si j’arrive à écrire, je suis absolument incapable de dessiner, peindre ou sculpter. La musique, je n’aimais pas non plus être obligé de l’apprendre, de manière générale je ne supporte pas qu’on m’oblige à quoi que ce soit. Mais la musique est un art qui me fascine, je crois que je ne comprendrai jamais comment on peut écrire la musique. Capter des idées et les coucher sur le papier avec des mots, c’est parfaitement concevable à mes yeux, mais inventer une mélodie et la traduire en notes, je trouve que c’est fascinant et totalement hors de ma portée…

Mes études universitaires ont été consacrées à l’Histoire de l’art. La plus belle discipline qui soit, selon moi. Étudier les artistes du passé, tous ces talents qui ont produit des œuvres absolument fabuleuses. Et en plus, étudier dans l’écrin du Palais universitaire de Strasbourg, je crois qu’il est difficile de trouver mieux. J’ai même pu prendre des cours de hiéroglyphes, pour les décrypter mais aussi pour écrire avec ces symboles. Accroître ses connaissances, c’est ce qui devrait tous nous motiver, je trouve qu’il n’y a rien de plus merveilleux que d’apprendre, en permanence et tout au long de la vie. Bref, ces études m’ont conduit à séjourner aux États-Unis pendant un an, sur un campus dans l’Indiana. Une expérience sur laquelle je pourrais évidemment m’étaler longuement, tant elle a été exceptionnelle et a compté dans ma vie, tant elle m’a transformé pour toujours. Si vous le pouvez, pendant vos études allez passer quelque temps dans un autre pays. Découvrir une culture différente, il n’y a rien de plus formateur. Je ne suis pas le premier à le dire, évidemment, mais d’expérience je peux confirmer que c’est presque un passage indispensable pour devenir plus tolérant et mieux comprendre les autres, le monde qui nous entoure.

Palais Universitaire de Strasbourg

Pendant ce temps, j’ai fait pas mal de petits jobs, tous aussi enrichissants les uns que les autres. Les expériences étaient parfois difficiles, mais quand on en retire un enseignement, elles sont toutes profitables. J’ai même enseigné la langue française, à des Américains. Je pense qu’ils n’ont rien appris avec moi, on ne s’improvise pas professeur de français et on ne se rend même pas compte de la richesse et de la complexité de notre langue avant que d’autres ne la questionnent et ne demandent pourquoi c’est comme-ci ou comme-ça. Puis ma route a croisé celle de La Poste, d’abord pour une mission en intérim. Pour gérer des dossiers de paie. Rien à voir avec mes études, mais comme j’aime les chiffres aussi, j’ai pas mal réussi, au point de finir embauché en contrat à durée indéterminée. Est-ce que j’aurais dû refuser et continuer dans ma branche ? Je crois que je ne me suis pas posé la question à l’époque et on va voir que finalement, par des méandres sans lien apparent, tout a fini pour le mieux. Me voilà donc gestionnaire paie, à accumuler de nouvelles connaissances dans le domaine, toujours en continuant à écrire, bien évidemment, c’est le fil conducteur de ma vie. Puis c’est le départ pour Paris, où à l’heure où j’écris ces lignes j’habite depuis quatorze ans. Toujours pour travailler dans le domaine de la paie et même atteindre le niveau expert… avant de changer totalement de voie.

En 2018, sur le site interne de La Poste paraissait une annonce pour reprendre le poste de secrétaire général de la Société littéraire de La Poste. L’une des nombreuses associations de l’entreprise permettant de faire vivre la culture auprès des milliers de Postiers. C’est ainsi que, par des voies détournées, je suis revenu au monde de la culture, par la grande porte. Car c’est une chance incroyable que d’avoir obtenu ce poste à la Société littéraire. Des spectacles, des visites culturelles, des ateliers d’écriture… rien ne pouvait me correspondre mieux. Ou presque, puisque nous avons fondé un label éditorial : Souffles Littéraires. En plus de toutes les tâches, donc, est venue celle de gérer une maison d’édition. Je ne mesure pas encore totalement ma chance d’avoir eu l’occasion de monter une maison d’édition et de la faire croître. Là aussi, il faudrait de longues lignes pour décrire cette expérience incroyable. Mais ce qui est important à retenir est que peu importe les voies détournées qu’emprunte la destinée, je crois qu’on arrive toujours à destination, avec le bagage nécessaire pour réussir à accomplir ce pour quoi on est fait…

Mes premiers écrits

L’écriture est le fil conducteur de ma vie. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours écrit, ce qui est la caractéristique de beaucoup d’auteurs. Je suis aussi un grand lecteur. Durant mes études j’ai eu la chance de croiser la route de professeurs de français passionnés qui m’ont donné le goût de la belle littérature. Le tout bien évidemment aidé par le fait qu’il y avait déjà beaucoup de livres à la maison. Quand on a aussi facilement accès à la culture, il est plus simple de s’en éprendre. Je lis de tout, puisque tout m’inspire : romans, philosophie, Histoire, sciences… Quand c’est bien écrit, et pour les matières plus difficiles bien vulgarisé, tout devient source de plaisir autant que d’inspiration. Pour ce qui est de mes références, j’en ai deux principales. Pour moi, Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier reste le roman ultime. Je le relis une fois par an, aucun autre ne me permet d’avoir cette sensation de flotter avec les mots, d’être transporté dans un univers de pure littérature. Et puis il y a La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Un livre absolument parfait, à la fois drôle, profond, émouvant, j’aimerais atteindre ce niveau de perfection.

Tout ce que j’écris n’a pas été publié, évidemment. Beaucoup de manuscrits sommeillent sans doute à jamais. Le tout premier roman que j’ai achevé, inédit jusque là, s’appelle Arthieves, les voleurs d’art. Ma première inspiration a été le manga Cat’s Eye, dont je suis toujours extrêmement fan, principalement parce qu’il traite de la discipline que je préfère et que j’ai étudié jusqu’au Master : l’Histoire de l’art. Ce premier roman, je l’ai relu presque vingt-cinq ans après l’avoir écrit et je vous garantis qu’il est assez médiocre. Les idées sont bonnes, mais je ne sais pas ce qui m’a pris d’écrire de cette façon. Je sais bien que le style de l’auteur est toujours en évolution, mais quand même… je suis parti de loin.

Je l’aime bien quand même, ce roman, parce que tout simplement c’est le premier. Il est empreint de beaucoup de naïveté. Et en plus, il ne sommeille pas totalement, puisque j’en ai récemment repris les idées principales pour écrire Près de minuit. Pour l’instant je n’ai pas encore de retour de commentaires des lecteurs, donc je ne sais pas si j’ai réussi cette œuvre plus que la première, je l’espère. Un long chemin a été parcouru entre temps et j’ai évidemment appris beaucoup. Puisque chacun sait que c’est en écrivant sans cesse que l’on s’améliore.

Ma première publication

Puis il y a eu Le Musée des Amours Lointaines. Un roman qui se nommait d’abord Le souffle de Dibutades. Je l’ai d’ailleurs fait paraître sous ce titre en commettant une énorme erreur, puisque j’ai choisi l’édition à compte d’auteur. J’ai perdu beaucoup d’argent pour rien du tout, certains connaissent ce genre d’arnaque. Puis, le livre a participé à un concours organisé par le magazine Femme Actuelle, pour le lancement d’une nouvelle maison d’édition : Les Nouveaux Auteurs. C’était en 2008 et j’ai transmis le manuscrit sans enthousiasme, j’avoue, puisque j’avais déjà expérimenté l’envoi à des dizaines de maisons d’édition, sans aucun succès. Et puis, le manuscrit a été retenu ! Pour la première fois j’allais être publié par une vraie maison d’édition, c’est-à-dire à compte d’éditeur.

Quelle joie d’apprendre que j’étais sélectionné ! Vivant à l’époque à Strasbourg, où d’ailleurs l’action du roman se situe, je suis donc « monté » à Paris pour signer le contrat d’édition. Ensuite, tout est allé très vite. Le manuscrit est passé par la correction. J’ai dû relire la version ainsi modifiée. Ce n’est pas évident de n’avoir que quelques jours pour valider le bon à tirer… Puis j’ai découvert la couverture, qui m’a été imposée. La date de publication a été fixée. Avant cela, il y a eu une fête, à Paris, ville dans laquelle je résidais désormais. Une soirée pour le lancement des livres de tous les gagnants. C’était une belle occasion d’être en contact avec le microcosme parisien de l’édition, éditeurs, critiques et journalistes mêlés. Comme je ne m’étais encore de loin pas fait un nom, j’ai été largement ignoré.

Une fois le livre sorti, il a bénéficié d’une large publicité. La maison d’édition qui venait de naître était une branche d’un grand groupe média, possédant des dizaines de magazines dont les noms sont célèbres. Ainsi, voir la publicité de mon livre dans tous ces magazines était assez impressionnant et il s’en est vendu près de trois mille exemplaires. Pas assez pour la maison d’édition, qui n’a pas voulu publier les suivants, mais moi j’étais heureux. Pour la promotion j’ai eu droit à des articles dans les journaux, surtout locaux, comme L’Alsace. Mais aussi un passage à la télévision, sur France 3 Alsace. Et bien sûr, j’ai donné de nombreuses séances de dédicaces, dont la plus importante a été au Forum du Livre de Saint-Louis.

De cette expérience j’ai tiré beaucoup d’enseignements. Pour ne pas alourdir mon autobiographie j’en parle dans des articles séparés, afin de vous faire profiter de ce que j’ai appris. Le Musée des Amours Lointaines reste donc un roman très particulier pour moi. J’ai reçu beaucoup de commentaires positifs à son sujet et j’en suis très fier. Il aura fallu attendre quatorze ans pour que je retrouve une maison d’édition. Mais il est vrai qu’entre-temps je n’ai pas vraiment envoyé mes manuscrits dans l’espoir de me faire publier, puisque j’ai découvert l’autoédition, qui permet une grande liberté pour l’auteur et apporte également énormément d’enseignements…

Deuxième roman

Mon véritable deuxième roman s’appelle L’île aux Écureuils. Il n’est actuellement plus disponible, car je l’ai relu quelques années après sa publication et j’aimerais y apporter de nombreuses modifications. Il est la suite du Musée des Amours Lointaines et il devait également y avoir un troisième opus. Écrire des suites est toujours difficile, c’est d’ailleurs un conseil précieux que m’avait donné mon premier éditeur : si la suite n’est pas encore écrite et prête à la publication, il ne faut pas faire une fin ouverte laissant les lecteurs sur leur faim. Car ensuite, il faut du temps pour écrire et bien souvent, j’ai l’inspiration pour d’autres histoires qui deviennent prioritaires. La suite ne vient donc jamais… ou très longtemps après. Mais je me laisse guider par l’inspiration, comme cela a été le cas pour Arme Antiterrorisme, roman inspiré par le drame des attentats du 11 septembre.

L’idée de base est que le personnage principal a la faculté de prédire les attentats. Il sait quand et où ils vont survenir, mais la question est de savoir qui prévenir et s’il faut vraiment interférer dans le déroulement de l’Histoire. Un roman qui est généralement apprécié, même s’il reste très confidentiel. C’est à cette époque que j’ai commencé l’autoédition. Une pratique qui laisse énormément de liberté, certes, mais qui comporte quand même beaucoup de défauts. L’auteur porte toutes les casquettes et gère ainsi la mise en page, la couverture, la mise en ligne. Mais surtout, il est très difficile de communiquer autour d’un ouvrage autoédité. Déjà que les livres proposés par les maisons d’édition ne trouvent pas toujours leur public…

À l’époque, l’autoédition n’était pas encore très développée en France. En la matière, comme dans beaucoup d’autres domaines, les Américains ont toujours une longueur d’avance sur nous. Il existait un site très utile, qui d’ailleurs fonctionne toujours : Lulu.com. Il permet de préparer une version papier du livre et de gérer les éventuelles expéditions, en cas de vente. Nous n’étions alors pas encore dans l’ère du livre numérique, il fallait se concentrer sur les versions papier. J’en ai passé des heures à apprendre comment réaliser une bonne mise en page, ce n’est vraiment pas évident et ce n’est pas pour rien que des professionnels s’en occupent dans les maisons d’édition. Mais je voulais quand même donner l’opportunité à ceux qui en avaient envie de découvrir mes livres.

C’est aussi à cette époque que j’ai lancé mon site personnel. Il a connu bien des avatars depuis, dans ce domaine aussi tout évolue très vite et il faut se transformer en permanence pour rester au goût du jour. C’est intéressant d’avoir toutes les casquettes, on en apprend énormément. Mais ce sont des heures de travail, parfois pour un résultat décevant. Qu’importe, ce qui compte c’est d’apprendre et d’avoir la possibilité de tout contrôler. Une lourde charge, passionnante quand même. Évidemment, cela laisse un peu moins de temps pour écrire et donne parfois envie de tout abandonner. J’ai croisé la route de pas mal d’auteurs autoédités avec beaucoup de talent, qui ont fini par jeter l’éponge. En cours de route il y a beaucoup de déceptions, il faut énormément de volonté et de ténacité pour continuer…

Surmonter la perte

Michael : Invisible est mon troisième roman. Je me base bien entendu sur les dates de publication, les auteurs savent que cela ne correspond pas toujours au rythme d’écriture. J’ai pour habitude d’écrire plusieurs romans en même temps, puis peu à peu il y en a un qui se détache et qui prend toute la place. C’est alors sur celui-ci que je me concentre pour l’amener jusqu’à la publication. Michael : Invisible sera à nouveau disponible prochainement. Comme il a été accepté par les éditions Souffles Littéraires, j’ai retiré sa version autoéditée en attendant la publication officielle, à compte d’éditeur. Pour en savoir plus sur le parcours de ce livre, un article spécifique lui est consacré : « Des deux côtés du miroir ».

Il s’agit d’un roman très personnel, puisque je suis avant tout fan de Michael Jackson. Et sa disparition ne pouvait être qu’une source d’inspiration incroyable. Ce n’est pas la première fois dans l’Histoire que la disparition d’une star soulève de nombreuses suspicions, il y en a qui encore aujourd’hui affirment avoir croisé Elvis Presley. La différence est que ce 25 juin 2009, la disparition de la star s’est faite alors que les réseaux sociaux étaient déjà largement développés. C’est d’ailleurs un site spécialisé dans les « informations » sur les célébrités (avec une préférence pour les scandales) qui a été le premier à annoncer la nouvelle. Pour ma part, je l’ai su alors qu’on m’a appelé en pleine nuit pour prononcer simplement ces mots : « C’est Michael ». J’ai tout de suite compris que quelque chose de grave était arrivé et en fait on m’a appelé comme si un membre de ma famille avait disparu. Toute la journée j’ai d’ailleurs eu de nombreux messages de condoléances…

Difficile donc, pour moi, de ne pas être inspiré par cet événement et de ne pas vouloir écrire un roman entier pour ma star. C’est ainsi qu’est né Michael : Invisible, jouant sur toutes ces théories tendant à prouver qu’il n’était pas réellement mort, mais que tout avait été organisé. J’ai beaucoup travaillé sur ce roman, je l’ai même réécrit entièrement huit fois. Pesait sur moi une certaine responsabilité, que je m’étais assignée, puisque je voulais un roman à la hauteur de mon idole. Je croyais avoir réussi, et d’ailleurs le roman a beaucoup plu. Les fans pensaient que je « savais des choses » et les non-fans m’écrivaient pour me dire qu’après avoir lu mon roman, ils avaient un doute quant à cette mort… Ensuite, récemment, le roman a été accepté pour figurer au catalogue des éditions Souffles Littéraires et avec les corrections proposées, je suis redescendu sur terre, tout n’était peut-être pas aussi parfait dans cette histoire…

J’aime particulièrement ce roman. Évidemment, j’aime tout ce que j’ai écrit, mais celui-ci me touche certainement beaucoup plus personnellement. C’est d’ailleurs le seul pour lequel j’ai, à l’époque, fait appel aux services d’un graphiste pour réaliser la couverture. Avec des petits moyens, mais il me fallait quelque chose d’exceptionnel. Je suis aussi très content que l’aventure reprenne vie et que ce roman reçoive une nouvelle chance. Certes, les événements sont désormais datés, mais sur le fond, notre société n’a entre temps que fait s’enfoncer dans toujours plus de complotisme et de mise en doute de la parole officielle. À cause principalement des réseaux sociaux, qui n’étaient qu’émergents à l’époque et qui depuis n’ont cessé de prendre de l’ampleur.

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